08.07.2008
Annie Leibovitz
La photographie est un de mes arts préférés.La maison europeènne de la photographie nous offre en ce moment une retrospective de la grande Annie Leibovitz.Cette dernière est connue essentiellement à double titre,comme illustre photographe de plateau et comme compagne de l essa yiste et romanciere susan sontag,elle partagera sa vie du debut des années 80 à 2004 date à laquelle cette derniere decedera d un cancer.
L'expo retrace essentiellement ces deux panels les plus connus de LeibovitzEnormément de photo de Sontag et énormément de photos de stars que ce soit pendant le tournage d un film ou des photos prises hors plateau pour des revues celebres comme vogue. On se sent alors là dans un univers connu réconfortant dont la beauté nous emporte.Car les photos de Leibovitz ne se contentent pas d etre formellement belle et davoir une rigueur assez incoryable elles sont également très oniriques et témoignent d un univers de mise en valeur tres poétique ou suréaliste.Pour preuves ces deux photos magistrales et tres surprenantes,l une vraiment incroyable et ironique de Donald Trump et de sa femme (cette photo est symboliquement vraiment énorme),l autre,surement une des plus renversantes de l 'expo des "white spirits" qui dépeind un univers vraiment baroque et suréaliste.Les photos de Leibovitz c est cela un rigueur incroyable au niveau du cadre,de l éclairage,de la forme pour à l intérieur faire jaillir un monde irreél et poétique.La photo de Robert Wilson avec une ampoule dans la main ou la série ,superbe,des clichés d'Elizabeth II témoignent bien de cette facon non officielle et non académique de photographier des gens très officiels instaurés dans l establishement ou comment faire transparaitre l'humain derrière la notoriété,derriere l 'évidence.
Cette expo nous donne à voir également quelques ,très rare,clichés de guerre et de tres nombreux clichés de sa famille qu'elle aura photographié tout au long de leur existence.Nous y feront ainsi notamment la connaissance de son père,militaire de carrière, et de sa mère ,professeur de danse.Un double héritage de rigueur et d'excentricité qui définissent parfaitement son travail.
En quelques mots une expo foisonnante et très riche (avec malheureusment bien souvent trop de personnes collés devant ce qui fait que l on a du mal a bien voir,le public est la véritable plaie des expos :au lieu de regarder d 'assez loin pour que tout un chacun puisse en profiter il se colle bien devant l objet de manière à ce que l on ne puisse plus rien voir),incontournable.Une photographe magistrale et majuscule à venir voir absolument.
04:03 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, susan sontag, maison europeènne de la photo
19.06.2008
"le dossier 51" ou de l utilisation de la photographie au cinema,part 2
L histoire qui se joue sous nos yeux est celle d une filature et d une enquetes organisées par des services secrets sur un homme politique nommé Dominique Auphal.Les services secrets veulent Auphal a leur merci pour pouvoir infiltrer une organisation mondiale:l 'ODENS.
L histoire nous est contée par le biais d elements utilisés naturellement lors d enquetes de ce type:films,photos,ecoutes telephoniques.Elle nous est donc contée de maniere extremement neutre ,sans qu aucun jugement ne soit porté.Il ne s agit meme pas d une constatation cela ressemble beaucoup plus a une analyse méticuleuse voire clinique ou tout doit etre exposé,eclairci,rien ne saurait etre laissé au hasard,tout doit etre implacable et impecable ,lisse,comme le sont les bureaux des agents.Il ne s agit meme pas d une aventure humaine puisque l humain n existe plus en tant que tel:l individu devient un numéro (51,52...),un numéro de dossier,d opération,quant aux groupes d individus ils sont définis sous une appelation générique divine (minerve,esculape,mars...).
Dans ce contexte le premier apport de la photographie est de donner un ton glacé,neutre au témoignage qu elle apporte.Elle nous fait éprouver la distanciation que les agents mettent entre eux et le sujet observé.La photographie exerce comme une fascination morbide auprès du spectateur sur ce travail de traque auquel nous assistons. Nous découvrons les photos en meme temps que les agents ,elles sont au fur et a mesure interpétées par eux ce qui nous empeche tout libre arbitreet toute compassion pour Aupha,le numéro 51.Par l apparition fréquente des photos d Auphal il nous devient vite aussi un sujet que nous observons d une maniere froide.La photo nous permet donc de mettre une barriere entre Auphal et nous,barriere qui se revelera d autant plus cruelle lors de la tragédie finale.Sous son apparent aspect de froideur clinique,de neutralité, la photo nous manipule sans que nous ne puissions rien y faire et nous impose au sein meme des agents,nous sommes des leurs,nous ne sommes pas pour eux,nous sommes eux.Comme eux nous percevons l evolution de l intrigue par les photos,elles sont l articulation du developpement,le souffle qui nous tient en haleine.Elles sont neutres en elles memes mais la situation d observateurs qu elles nous imposent nous force a etre dans un point de vue subjectif.Auphal devient notre proie,l animal traqué a pourchasser.
02:51 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, dossier 51, michel deville


