06.02.2009
l'apprenti
"L'apprenti" est la troisième réalisation de Samuel Collardey et une des plus belles reussites du cinéma francais de cette année 2008.
Cette année passée aura été prolixe en joyaux francais dont la plupart auront eu pour points communs le naturalisme et l'amateurisme des acteurs et c'est là qu'on se rend compte que franchement il n'y a pas mieux que les comédiens amateurs.Les comédiens francais n'ont de cesse de se la jouer intellos,sensitifs,du style pour tel role on s'est mis en danger,en péril,en abime...et bla et bla bla ou alors:j'ai beaucoup travaillé pour etre le personnage,etre acteur est un métier...difficle...A mon sens les deux plus grandes réussites de l'année 2008 furent "entre les murs" et le chef d'oeuvrissime "khamsa".Quand on sait que tous les acteurs de ces deux films sont amateurs!!on se pose beaucoup de questions quant à nos amis les pipoles et leur difficulté à etre ,à représenter.Le plus difficile pour un acteur est de nous faire oublier qu'il est acteur,qu'il joue,ils sont tellement plein de tics,d'astuces,de techniques qu'ils n'ont plus rien de naturel du coup on n 'arrive pas a adhérer au film on se retrouve éjecter au bord de la route.Heureusement le cinéma francais a toujours eu un certain gout,une certaine intelligence et une certaine réussite pour le naturalisme et l'impressionnisme.
"l'apprenti" fait partie de ces réalisations rares,réfléchies et intelligentes.C'est un film semi fiction semi documentaire à découvrir impérativement ne serait ce que pour constater que l'on peut faire un travail remarquable sans argent aucun,sans nom connu,juste avec du talent.
Mathieu 15 ans habite dans le doubs,il partage son emploi du temps entre son lycée agricole et une petite exploitation laitière dans laquelle il est en apprentissage.Voilà,c'est simple,justement simple.Mathieu évolue au rythme du travail à la ferme,des saisons,de sa relationavec Paul le fermier philosophe et profond, avec sa mère dans cette maison ou il ne va guère plus et ou le père,parti,laisse une plaie béante.Paul joue en quelque sorte un role de père de substution pour cet adolescent qui essaie de se construire.Il fait l'apprentissage du travail,de son rapport aux autres,des sentiments, de la vie.C'est un film simple,sans effets et sans affects,un film de taiseux ,peu de dialogues,beaucoup de gestes,de sensations,de silences,de nons-dits.
De ce film a priori anodin se dégage une vraie beauté et une vraie tristesse.Car meme si on ne le sait pas on sent l'intensité ,la justesse,la réalité qui se dressent derrière ces personnages.Le fait est que l'hsitoire ,meme si les grosses trames sont inventées ,est une histoire réelle ,elle est la réalité de ce que vivent en fait dans leur "vraie" vie les protagonnistes.Les images qui se déroulent sous nos yeux sont celles de la vie de Mathieu.Les acteurs qui interprètent ses parents sont ses vrais parents et si la scène avec son père est si douloureuse c'est parce que cela faisait réellement plusieurs années qu'ils ne s'étaient plus parlés,qu'ils refusaient de se voir et devant la caméra de Samuel Collardey c'était la première fois qu'ils se retrouvaient.Ou comment partir de la réalité pour faire une fiction qui ressemble à un documentaire réaliste.Un vrai talent et une vraie réussite.
A la fin du film une chose rare s'est passée dans la salle.Les gens sont restés non seulement pendant le générique et meme après alors que la lumière était revenue.Les gens se sont levés comme avec regrets puis se sont mis à parler du film,à se parler,une dame a meme pleuré tellement était bouleversée.Les films qui permettent naturellement des échanges post projection sont rares.
00:45 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : samuel collardey, paul barbier, mathieu bulle


