22.11.2008
"le journal d'un curé de campagne" de Robert Bresson, part 1
"Le journal d'un curé de campagne" réalisé en 1951 est un des premiers exemples de fidélité authentique d'un film à un roman.Le film respecte les proportions du roman mais il substitue à la richesse et au foisonement du récit de Bernanos une structure marquée par la rigueur,la cohérence logique et l'esprit de lilote,ce qui fera dire à André Bazin :"Des deux c'est le film qui est littéraire et le roman grouillant d'images".
Bresson élimine tout élément extérieur à l'aventure spirituelle du pretre comme les problèmes sociaux,politiques ou moraux qui étaient présents dans le livre.Les dialogues sont fidèlement empruntés à Bernanos.Avec "journal d'un curé de campagne",Bresson prend le contre pied de ce qu'avaient été jusqu ' à présent les rapports cinéma-littérature qui voulaient qu'on s'en tienne à l'esprit.Bresson s'en tiendra à la lettre.Ce film ne veut pas se substituer au roman,il ne veut pas etre sa traduction esthétique dans un autre langage.Bazin écrira à ce sujet:"il ne s'agit plus ici de faire un film qui double l'oeuvre mais de construire sur le roman,par le cinéma,une oeuvre à l'état second".Bresson soulignera meme le caractère littéraire du récit puisqu'il se refusera à transformer en dialogues les passages du livre ou le curé rapporte à travers ses souvenirs les conversations qu'il a eues.Les parties non dialoguées du livre ne le seront pas dans le film et et les dialogues de Bernanos ne seront pas mis en valeur mais au contraire étouffés par le débit recto-tono des interprètes non professionnels.
Le premier plan du fillm est un gros plan du journal et du visage du pretre.Le dernier plan est le gros plan d'une croix .Entre les deux ce sera déroulé le long calvaire physique et moral du curé d'Ambricourt ,calvaire qui ressemble à un itinéraire christique et qui s'achèvera par la mort du curé seule issue possible pour le rachat des ames de sa paroisse.La mort est par ailleurs accueillie avec joie puisqu ' avant de succomber,le pretre murmurera : " tout est grace".
13:38 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robert bresson, georges bernanos


