09.08.2008
Police district
La France est vraiment piètre en productions de séries télévisées policières ,en productions de séries télévisées tout court.Mais les policières sont les pires (quoi que!).Tout y est grottesque,irréaliste,improbable,mal joué.Les locaux ressemblent à tout sauf à un commissariat et évidemment ce n 'est pas la bleusaille qui est sur le terrain mais toujours le commissaire ventripotant près de la retraite qui ne s'essoufle jamais quand il court après un jeune de 16 ans.Comme si un commissaire coursait les ouechs ouechs sur le terrain!Nos séries policières francaises ont toujours été d'un ridicule affligeant.Et puis il y a "Police District" ou ca sent la sueur,la viande,le vécu,le vrai,le taf,l'humain,la misère quotidienne."Police district" ou la vérité de la vie d'un commissariat avec ses humeurs,ses tristesses,ses coups de blues et ses coups de gueule.Tout y suinte dans le moindre détail le vécu,tout y est juste.Pourtant je n'aime les longs métrages d'Olivier Marchal mais peut etre que l'atout de cette série est que justement là Marchal ne réalise pas.Mais ce qu'on ne peut oter à Marchal c'est sa connaissance du filc , de la vie d 'un central et sa connaissance de l'ambiguité de l'humanité.L'écriture du scénario est à mettre au talent d'Hugues Pagan lui aussi ancien flic,ce qui donne des histoires hyper réalistes,prenantes,vivantes,melant violence et humanité parce que rien n'est jamais ni blanc ni noir et persiste toujours au fond de chaque lumière une zone d'ombre.Il n'y a pas une seule seconde d'inutile dans cette série,tout y est serré,rien n'est laissé au hasard,tout y pensé,travaillé,habité et on regrette systématiquement que chaque épisode ne dure pas éternellement.Au delà de la justesse et du réalisme de cette série ce qui touche le plus c'est l'émotion qui s'en dégage,l'humanité qui émane derrière toute cette laideur à laquelle les flics sont confrontés quotidiennement,la facon dont ils essayent tant bien que mal de se protéger,le réalisme jamais gratuit,la souffrance toujours latente.
Police District est vraiment le joyau (le seul!) de la série francaise.Réalisme,violence,humanité,tristesse,justesse.C'est peut etre d'ailleurs parce que cette série était trop réaliste et trop violente (mais le réel est toujours violent)que sa diffusion a rapidement cessé et que sa production a rapidement cessé.Charly Delta Charly.Reste heureusement l'émotion toujours intact de retrouver cette superbe série en dvd et de pouvoir revoir les épisodes à loisir.Et de pouvoir revoir par la meme occasion deux acteurs francais magnifiques malheureusement trop peu souvent sollicités:Lydia Andrei et Francis Renaud.Tous deux d'une beauté incroyable et d'un talent sidérant,ils collent tellement au jeu des personnages qu'on en oublie que ce sont des acteurs.Et enfin ,car sans ce chapeau bas ce post ne serait pas complet:saluons dans cette série la présence de l'excellente ,et elle aussi bien trop rare , Sophie Mounicot qui peut laisser là libre court à toute sa palette de jeu et dont on attend dans chaque épisode la présence avec jubilation et delectation.
Si vous n'avez qu'une seule série francaise à connaitre il faut impérativement que ce soit celle là:vous n'en ressortirez pas indemnes!
03:37 Publié dans série télé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : olivier marchal, lydia andrei, francis renaud, nadia fossier, rachid djaidani, sophie mounicot, sara martins
08.08.2008
les animatueurs
"Les animatueurs" de Michel Malausséna ou comment nous vendre de la merde comme étant quelque chose de provocant.Quand le bouquin de Maulausséna est sorti il a été vendu come étant un livre choc qui dévoile les coulisses de la petite lucarne et nous dit tout sur les animateurs les plus célèbres qui l'animent:Dumas,Collaro,Dechavanne,Ardisson,Zéro...En guise de pamphlet nous avons affaire là à un bien mauvais livre.Déja par le style,rarement pseudo auteur aura été aussi médiocre,c'est tellement mal écrit que la lecture de cet ouvrage est vraiment une gageure et une épreuve.Ensuite par le propos:on n'y apprend rien mais alors strictement rien à part que Thierry Ardisson n'a de cesse à longueur de journée de se caresser les couilles!Quel scoop!On y apprend que ces animateurs ne sont pas des enfants de coeur mais plutot des serials killers.Once again :quel scoop!Enfin par le procédé :rien de pire que quelqu 'un qui crache dans la soupe dont il s 'est grassement nourri pendant des années.Malausséna croulant sous l'argent,souhaite arréter son boulot pour se tourner vers le cinéma et prend donc sa retraite télévisuelle,alors quoi de plus original que de faire un dernier coup d'éclat et une dernière fois du fric sur le petit écran qu' en noyant le bébé dans son eau.Maintenant que le veau d'or ne pourra plus lui servir pourquoi ne pas le pomper une dernière fois avant de l'achever.C'est tellement facile de dégueuller sur un système dont in a profiter des années et qui nous a grassement enrichi.
Malausséna c'est cela:le manque de talent que la profusion d'argent rend arrogant et l'insatisfaction qui rend petit.Un livre médiocre,qui tire à blanc,qui ne nous renseigne sur rien sauf sur la médiocrité de son auteur.
16:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.08.2008
comédies américaines à l'action écoles
Et oui bande de veinards de petits parisiens (dont je suis ,ouep c'est chouette),vous avez la chance durant tout ce mois d aout de revenir à la quintessence du génie du cinéma.Loin des grands multiplexes multicartes qui nous abrutissent avec une demi-heure de pubs et bandes annonces qui prédèdent des films qui durent au minimum 02h30,entourrés de gens qui n'éteignent pas leur portable et qui mastiquent du pop corn , bienvenue dans les vieilles salles du circuit "action",ici en l'occurence celui de l'action écoles.Pas de pub,pas de saloperies qui goinfrent et font grossir,pas de distributeur,juste une ouvreuse et un film d'une heure trente qui débute séance tenante.
L'action écoles a eu l'idée géniale de nous présenter ,pour nous rappeler ce que c'est tout de meme que le cinéma,une rétrospective de comédies américaines ,des fleurons,des incontournables,des monuments.Et devant chaque film on a de cesse de s'émerveiller tellement on avait oublié que c'était ca le cinéma:des scénarios carrés,des dialogues ciselés,des réparties qui virevoltent et qui font mouche,des acteurs survoletés qui s'amusent et qui donnent sens au texte,qui comprennent ce qu'ils jouent!Pas de psychologisme ou de pseudo intériorité,pas d'acteurs médiocres à la monica belluci qui dans ses interviews déclare qu'etre acteur c'est prendre des risques et se mettre en danger (quand on voit le degré zéro de son jeu on ne s'inquiète pas trop pour elle:elle ne connaitra jamais le danger!),là pas d'acteurs qui ont besoin de plusieurs jours de préparation pour "s'imprégner" du personnage.Ici pas de personnages,juste des acteurs qui jouent.Et de voir ces films vifs,droles,spirituels,on se dit que c'est ca le cinéma : des scénarios intelligents,des dialogues vifs sans temps mort,peu d'acteurs,peu de décors,pas d'effet,et un génial chef d'orchestre qui tient la baguette.Et une histoire,une vraie apparemment légère mais qui parle de sujets rarement innocents notamment la place de la femme dans la société américaine.Et c'est incroyables de voir la modernité de ces films:la femme existe à part entière,elle y est indépendante,elle travaille,elle a de la répartie,elle fait mouche,elle y est élégante et spohistiquée,elle sait etre drole.Et surtout elle tient le premier role au coté de l'acteur américain.Quant on voit les portraits féminins qui nous présentés dans le cinéma américain actuel on est consterné de voir à quel point la position de la femme est rétrograde et artificielle.Elle n 'est plus qu'un second role falot généralement alibi sexuel siliconé qui sert surtout à agrémenter l'affiche d'un air niais dans une tenue très moulante et décolletée.La force de ce cinéma américain des années 40 c'est justement l'existence des personnages,aucun n'est là pour etre pretxte à;les personnages sont peu nombreux mais tous co existent équitablement,la femme au meme titre que l'homme et souvent meme elle tient le haut du pavé et vole la vedette à son alter égo.C'est alors la révolution des actrices fortes qui tiennent le haut du pavé et de l'affiche,des actrices de talent:Rosalind Russel,Paulette Goddard,Shirley Mac Laine,Katherine Hepburn,Claude Colbert,Mary Astor,Ann Sheridan,Ginger Rogers,Audrey Hepburn.Et pour ne pas que ces messieurs restent en reste et pour continuer à mettre l'eau à la bouche voici ceux à qui ces dames donnent (ou volent) la réplique:Cary Grant,Jack Lemmon,Spencer Tracy,Tony Curtis,James Stewart,Charles Laughton.
Et pour finir en beauté ils faut enfin rendre un vibrant hommage à tous ces chefs d'orchestre,géniaux,qui ont su diriger ces symphonies héroiques d'une main de maitre et qui chaque soir du mois d'aout réfraichissent à jamais nos soirées caniculaires:Howard Hawks,Ernst Lubitsch,George Cukor,Frank Capra,Billy wilder,Preston Sturges,Leo McCarey,Vincente Minelli.C 'est à dire des géants parmi les géants.Et oui! ca fait rever.
22:48 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.08.2008
"le dossier 51"ou de l'utilisation de la photographie au cinéma,part 4
La parole fonctionne par rapport à la photographie en contrepoint.Lorsqu'il s'agit des témoignages de l'entourage d'Auphal filmés par une caméra,l'image et la parole expriment la meme chose.Tandis que dans le cas d'une photographie la parole n 'est jamais son double,son synonime.Le son ne vient jamais dire la meme chsoe que la photo.Ils sont sans cesse en dissonance sauf à la fin ou la parole rejoint le signifié des photos et alors ce sera la dernière fois que nous verrons à l'écran une photo ,jusqu' à la fin le film n'utilisera plus dès lors que des procédés purement cinématographiques.La parole et la photo ne sront qu'une seule fois à l'unisson et ce sera pour sonner le glas,la mort,la faille que le verbe cherchait et que la photographie trahissait malgré elle.Peut etre (en interprétant abusivement)pourrait-on y voir de la part de Deville une réflexion sur qu'est ce que le cinéma.Peut-etre que l'image d'un coté et que le son de l'autre sont incomplets séparément;et qu'il faut les associer comme on le fait au cinéma pour que leur signification prenne tout leur sens.C'est après que la photo et que le son tiennent le meme langage que la personnalité d'Auphal,après que tout soit dit.Et dès lors que nous avons accès à sa véritable identité il ne nous est plus montré par le truchement des photos ou de dos ou de loin au contraire il nous devient proche,accessible,compréhensible,humain,il est filmé de face et en couleur.Ce n'est plus la caméra amateur des agents mais celle de Deville qui nous le dépeint.Il devient donc défini par des moyens purement cinématographiques ,Deville semble se méfier du discours que l'on peut porter sur les oeuvres cinématographiques,il semble préférer leur lecture immédiate avec toutes les zones d'ombres qu'elle peut comporter.Il semblerait que la facon la moins froide et la plus directe d'atteindre d'atteindre l'humain soit la caméra.En effet toutes les dernières scènes sont filmées et la mort d'Auphal ,son suicide,nous parait alors encore plus atroce que si on l'avait vu à travers des photos.Si on avait assisté à la mort d'Auphal par le biais des photos le point de vue adopté aurait été celui des agents (puisque ce sont les agents qui nous ont monté Auphal au travers des photos et non pas Deville-bien qu'évidemment ce soit lui qui manipule tout-qui lui montre le travail des agents-il nous manipule doublement,mais n'est ce pas l'essence meme du cinéma?),donc aurait été fait d'un point de vue glacant qui certes aurait été bouleversant mais qui resterait tout de meme inhumain puisque vu du coté service secret.Deville opte pour l'autre solution:c'est par sa caméra qu'on assiste à la mort d'Auphal donc c'est un regard humain qui est enfin porté sur cet homme.Et le spectateur devient témoin attristé de cette mort effroyable.A la fin du film Deville filmera l'immeuble des agents et leurs bureaux en plans fixes comme s'il s'agissait de photos puis les personnages de mettront à bouger probablement pour oeuvrer à une nouvelle enquete,the game is over,try again.
22:50 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel deville
02.08.2008
la restauration de la couleur dans "un roi sans divertissement", fin
Giono utilise dans "un roi sans divertissement" la couleur de facon très originale pour l'époque.Les couleurs dominantes sont le rouge (du sang) et le blanc (de la neige).Le reste est gris.C'est en quelque sorte un film noir et blanc tourné en couleur.C'est dire à quel point la présence,rare,de la couleur peut etre importante.Chaque touche a une fonction dramatique ,chaque touche "joue" au meme titre que les comédiens.Ainsi pour Giono :"la couleur rouge sur le blanc c'est le tragique de la vie".Le blanc témoigne de l'ennui des hommes et le rouge du divertissement qu'il apporte.Le rouge délivre les esprits prisonniers de cet ennui.Dans ce film la couleur tient un role dramatique et son absence est signifiante.Comme le dit Francois Leterrier :"ce film n'était pas concevable en noir et blanc".Jacques Meny ,le grand spécialiste de Giono en France,nous renseigne quant à l'importance de la couleur dans ce film:"cette opposition entre le rouge du sang et le blanc de la neige va diriger le travail de Giono dans son adaptation pour l'écran et devenir l'axe à la fois dramatique et esthétique du film".L'importance de la couleur pour Giono est capitale:"mon film est autre chose que le livre.Une seule chose m'interessait:le problème de la couleur.Au cinéma elle est toujours fausse.Cette fois ci tout a été fait sur mes indications.On tournait dans la neige vierge,profonde de cinq à six mètres.Je me fou que l'arbre soit vert mais le sang sur la neige doit etre rouge.Tout mon film est batti la dessus:une couleur qui ne soit pas gratuite".
Giono considère que "c'est seulement dans le cas ou elle a un role dramatique à jouer que la couleur au cinéma a sa raison d'etre".Ainsi les couleurs du film témoignent du drame intérieur vécu par les personnages et surtout par Langlois.Le rouge dans ce film est la seule issue que l'homme ait trouvée pour cesser de s'ennuyer:la mort.Le parcours de la couleur conduit irrémédiablement au rouge ,la dernière image se teinte de rouge ,c'est le rouge final:Langlois est mort.La fonction de cette couleur rompt avec la monotonie du gris de la vie.Ainsi lorsque le petit groom arrive au village vetu d'une cape rouge il est de suite entourré par les habitants tous de gris vetus.Le rouge c'est le divertissement.Le rouge sur le blanc c est la mort.Giono voulait que les couleurs jouent une fonction dramatiqu.Il écrit à ce sujet,lorsque Jean Badal lui montre les premiers rushes :"les couleurs sont belles et je ne les veux pas belles.Je les veux dramatiques.J'entends qu'elles jouent leur role".Nous voyons bien ici qu'elle pouvait etre l'importance cruciale du sens de la couleur dans ce film puisqu'elle exprimait visuellement les sentiments.Nous pouvons donc comprendre à quel point le virage au rose des copies eastmancolor était catastrophqie,le film perdant alors tout son sens.Et à quel point la restauration de la couleur peut parfois redonner tout son sens à une oeuvre.
16:15 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francois letterier, jean giono, jean badal
01.08.2008
rétrospective Douglas Sirk
En ces mois de juillet et d'aout caniculaires et poisseux la filmothèque (Paris V) et le Mac Mahon (Paris XVII) ont l'intelligence, pour nous attirer dans leurs salles fraiches et douces,d'oser une rétrospective Douglas Sirk à travers trois de ses films:"écrit sur du vent","la ronde de l'aube" et "mirage de la vie".Si j'emploi le terme oser c'est que Douglas Sirk est à lui seule une gageure.Douglas Sirk c'est le cinéaste de l'improbable,du mélodrame,des scénarios abracadabrants,des acteurs de seconde zone qui interpètent toujours des personnages alcooliques avec des tronches de pochtrons,c'est le cinéaste du mauvais gout,du kitsh;du mélodrame...de tout ce qu'on pourrait à priori détester mais là ou Sirk est fort,très fort ,c'est qu'il a su (et il fut bien le seul en ce registre ,personne ne l a jamais inégalé) élever ces mélodrames indigestes sur le papier en une ouevre culte et unique.Le nom meme de Sirk incarne à lui seul la quintescence du mélodrame cinématographique et la preuve irréfutable de son génie.Quel autre cinéaste aurait pu etre aussi génial?Aucun.Pas un seul n'a pu l'égaler.Sirk c'est cette alchimie incroyable de sujets improbables,de couleurs criardes,d'acteurs sans grand talent,de verres de bourbons qu'on boit plus rapidement encore qu'un verre d'eau,de torrents de larmes...qui élèvent ce genre cinématographique au rang de monuments.Il est le seul a avoir su faire jaillir de tout ce bourbier des diaments brust,car aussi paradoxale que cela puisse paraitre les films de Sirk sont magnifiques,incontournables,légendaires.Comment autant de mauvais ingrédients mixés par ses soins peuvent devenir aussi incontournables et légendaires?Grace au talent. Car si Sirk est le maitre incontesté du mélodrame c'est que son génie à su inventer un univers unique ,un vrai cinéma d'auteur très personnel et inimitable.Sirk est merveilleux et unique.Pour vous en convaincre courrez voir ces trois films de destins ratés ou des etres insatisfaits,malheureux qui tentent d'oublier leur vie dans l alcool mais qui se font toujours rattrapés par cette derniere,s'étiolent à petit feu dans les brulures de la vie et s'auto détruisent pour essayer de ne pas mourrir.Si vous ne devez n'en voir qu'un choisissez "mirage de la vie " oeuvre bouleversante d'une modernité intemporelle.Sirk n'etait pas que le maitre du mélodrame il était un des maitres du cinéma,tout court.
20:22 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : rock hudson, lauren bacall, robert stack, dorothy malone, lana turner


