04.08.2008
"le dossier 51"ou de l'utilisation de la photographie au cinéma,part 4
La parole fonctionne par rapport à la photographie en contrepoint.Lorsqu'il s'agit des témoignages de l'entourage d'Auphal filmés par une caméra,l'image et la parole expriment la meme chose.Tandis que dans le cas d'une photographie la parole n 'est jamais son double,son synonime.Le son ne vient jamais dire la meme chsoe que la photo.Ils sont sans cesse en dissonance sauf à la fin ou la parole rejoint le signifié des photos et alors ce sera la dernière fois que nous verrons à l'écran une photo ,jusqu' à la fin le film n'utilisera plus dès lors que des procédés purement cinématographiques.La parole et la photo ne sront qu'une seule fois à l'unisson et ce sera pour sonner le glas,la mort,la faille que le verbe cherchait et que la photographie trahissait malgré elle.Peut etre (en interprétant abusivement)pourrait-on y voir de la part de Deville une réflexion sur qu'est ce que le cinéma.Peut-etre que l'image d'un coté et que le son de l'autre sont incomplets séparément;et qu'il faut les associer comme on le fait au cinéma pour que leur signification prenne tout leur sens.C'est après que la photo et que le son tiennent le meme langage que la personnalité d'Auphal,après que tout soit dit.Et dès lors que nous avons accès à sa véritable identité il ne nous est plus montré par le truchement des photos ou de dos ou de loin au contraire il nous devient proche,accessible,compréhensible,humain,il est filmé de face et en couleur.Ce n'est plus la caméra amateur des agents mais celle de Deville qui nous le dépeint.Il devient donc défini par des moyens purement cinématographiques ,Deville semble se méfier du discours que l'on peut porter sur les oeuvres cinématographiques,il semble préférer leur lecture immédiate avec toutes les zones d'ombres qu'elle peut comporter.Il semblerait que la facon la moins froide et la plus directe d'atteindre d'atteindre l'humain soit la caméra.En effet toutes les dernières scènes sont filmées et la mort d'Auphal ,son suicide,nous parait alors encore plus atroce que si on l'avait vu à travers des photos.Si on avait assisté à la mort d'Auphal par le biais des photos le point de vue adopté aurait été celui des agents (puisque ce sont les agents qui nous ont monté Auphal au travers des photos et non pas Deville-bien qu'évidemment ce soit lui qui manipule tout-qui lui montre le travail des agents-il nous manipule doublement,mais n'est ce pas l'essence meme du cinéma?),donc aurait été fait d'un point de vue glacant qui certes aurait été bouleversant mais qui resterait tout de meme inhumain puisque vu du coté service secret.Deville opte pour l'autre solution:c'est par sa caméra qu'on assiste à la mort d'Auphal donc c'est un regard humain qui est enfin porté sur cet homme.Et le spectateur devient témoin attristé de cette mort effroyable.A la fin du film Deville filmera l'immeuble des agents et leurs bureaux en plans fixes comme s'il s'agissait de photos puis les personnages de mettront à bouger probablement pour oeuvrer à une nouvelle enquete,the game is over,try again.
22:50 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel deville



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