13.07.2008
Robert Bresson
Les deux clés de voute essentiels du cinématographe sont l'image -ou plutot les rapports d'images-et le modèle.
Bresson emploi un objectif de 50 mm qui fait peu cinéma mais qui respecte le plus la vision de l'oeil.Il n'aime pas les travellings et les panoramiques qui ne correspondent pas aux mouvements de l'oeil.Pour Bresson un film s'élabore donc sur des rapports d'images .Un plan n 'est rien en soi.Iln 'existe que par rapport aux autres,ceux qui pécèdent et ceux qui suivent.Les images n' ont de pouvoir et de réalité que par leur position ,chacune agissant sur les autres,d'ou la nécessité pour toutes de "demeurer non dramatiques et non signifiantes.En effet,si une image regardée à part exprime nettement quelque chose,si elle comporte une interprétation elle ne se transformera pas au contact d'autres images.Elle est donc définie et inutilisable dans le système du cinématographe".Chez Bresson une image n'acquiert sa signifiacation que grace à son contact d'avec les autres.Elles doit etre en elle meme non signifiante.La meme image placéé dans un autre endroit du film ne signifiera pas la meme chose.Ainsi l'émotion ne naitra pas d'un quelconque psychologisme que Bresson réprouve ni d'une quelconque facondeou mimique d'acteurs mais elle jailliera de l'union intime des images.L'image doit avant tout avoir valeur d'échange et pour rendre possible cet échange il est nécesaire que les images aient ensemble quelque chose de commun.Une communion d'ame en quelque sorte.Et ce point commun est ce que Bresson a appelé ses modèles ,c'est à dire ses interprètes.Ce sont tous des non professionels auxquels ils faisaient signer dans leur contrat une clause d'exclusivité.Ils devaient s'engager à ne tourner qu'une seule et unique fois:avec Robert Bresson et ne plus jamais rejouer avec qui que ce soit d'autre.Il fallait que leur apport soit unique.Bresson les fait parler sur un ton aplani sans aucune préparation de role sans aucun psychologisme parce que,comme l'écrira Michel Estève:"pour que l'homme transparaisse dans son authenticité meme il impote de tuer en lui l'acteur".Bresson est contre l'emploi d'acteurs professionnels parce qu'il pense qu'on ne peut pas croire en eux dans deux films différents on rejoint là la clause d'unicité dont je vous parlais un modele pour etre crédible ne doit jouer qu'une fois.S'il se donne dans un autre film il devient alors un acteur et fait perdre sa crédibilité au film qu'il a précédemment tourner."L'acteur opère une projection.C'est cela son mouvement,il se projète au dehors alors que votre personnage non acteur doit etre absolument fermé. Nous sommes extrèmement complexes et ce que projette l'acteur n'est pas complexe".Bresson pense qu'au lieu de donner la chose exacte l'acteur plaque son émotion dessus pour imposer au public sa manière de réagir.Or il faut que l'émotionsoit ressentie directement par le spectateur elle doit etre immédiate et non pas jouéé,fabriquéé,par le comédien qui mime l'émotion,qui la joue.Le modèle devra etre vierge de toute interprétation psychologique.Il ne doit pas imposer sa vision des choses pour l'expression de tel ou tel sentiment.Ce doit etre au spectateur par le truchement des associations d'images de réagir selon sa propre personnalité.L'acteur impose une interprétation unique,simple et caricaturale alors qu'il y a plusieurs spectateurs et que chacun d'entre eux réagit d'une différente et complexe.Le modèle doit surtout ne jamais interpréter ,ne jamais jouer quoi que ce soit,,pour ce faire Bresson leur fait dire les phrases le plus mécaniqueùent possible:"les 9/10 ième de nos mouvements obéissent à l'habitude et à l'automatisme.Il est anti nature de les subordonner à la volonté et à la pensée".Il convient au contraire pour Bresson de retrouver l'automatisme de la vie réelle.Il ne demande pas aux modèles de jouer un texte,meme pas de le vivre,il ne s'agit meme pas de jouer simple ou intérieur mais de ne pas jouer du tout.Le modèle doit seulement dire son texte ainsi il n'interprète aucune émotion,ne traduit aucune situation psychologique.Bresson ne veut pas de mécanique intellectuelle ou cérébrale mais juste une mécanique ;la voix de ses modèles doit partir de syllabes égales ainsi elles prendront les inflexions propres à leur propre vie.Afin d'éviter toute interprétation Bresson demande à ses modèles de se parler comme s'ils se parlent à eux memes.De faire un monologue à la place d'un dialogue.Le ton aplani sur lequel sont dites les répliques est encore accentué par l'immobilité des visages que conserve l'émotion interne.Cette qualité tres particulière est obtenue par une postsynchronisation peu banale.Habituellement l'acteur qui fait la post synchro la fait face au film,en regardant son image sur l'écran.Le modèle bressonnien ne voit pas le film.Plongé dans l'obscurité il entent au casque les quelques mots prononcés par Bresson et il doit retrouver -en recommancant 20 à 30 fois-l'intonation et le rythme du tournage au lieu de cadrer avec un eimage pré existante qu'il verrait et tenterait donc d'utiliser.Michel Estève a eu une très belle phrase pour définir le travail du cinéaste sur son modèle:"Bresson cherche l'etre au delà de l'interprète affirmant ainsi la primauté de l 'etre humain".
20:21 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinématographe, modèles, michel estève
11.07.2008
dorothy
le mardi 08 juillet avait lieu ,à l'ugc bercy ,l'avant première de "dorothy";troisième film de la réalisatrice francaise Agnès Merlet.Ses deux précédents longs métrages étaient "le fils du requin" (1993) et "Artémisia" (1997).Il lui aura donc fallu attendre plus de dix ans pour réaliser son troisième long métrage.Il lui aura aussi fallu quitter la France pour trouver les terres arides et mystérieuses d'Irlande.
Le film d'Agnés Merlet s'avère d'emblée plein de promesses car d un univers riche et fourni.Le parti pris d 'un univers mental et introspectif travaillé,étudié,et irlandais .Une folie que l on utilise et qu'on malmène,un secret enfoui au coeur d'un silence collectif ,un univers lourd pesant ambigu.Un univers que l on doit au chef op du film qui a fait un travail d'orfevre et que nous nous devons de saluer ici.Il a su recréer l'Irlande dans toute sa beauté,sa rudesse,sa passion.
Malheureusement de l espoir d enfin un bon film francais on dechante vite et allons de charybde en scylla.Le seul interet du film,affirmé maitrisé est la photo,l ambiance,rendue grace au chef op.Quant au reste pour plagier Shakeaspere il s'agit de beaucoup de bruit pour rien.Dorothy est multiple et contient moults personnalités en elle,soit!Mais plus le film s'allonge,plus les personnalités se multiplient plus on s'étire d'ennui et baille d'impatience!Le probleme n'est pas tant le scénario que la mise en scène laborieuse et scolaire qui prend le temps péniblement d'expliquer au cas ou le spectateur,sombre benet,n 'aurait pas tout compris.Non seulement Dorothy explique à chaque fois qu' elle change de personnages qui est elle au cas,et ce durant tout le film, ou le jeu de l actrice ne soit pas assez subtil et n ait pas assez de nuances mais pis que tout: on voit en parallele le visage des acteurs des personnages qu'elle est sensé représenter.Est ce qu'Agnès Merlet n'a pas ete convaincue par le talent de la jeune irlandaise qu'elle a engagéé,une inconnue qui est en première année dans une école de théatre dublinoise ,ou est ce qu'elle manque suffisamment de confiance en elle pour ne pas faire confiance à ses actrices...car au final on se croirait vraiment dans la pub juvamine ou tout est redit de multippppples fois.Le gros problème de ce film est d'ailleurs le manque de confiance :ce qui donne un film étriqué,prévisible et au final ennuyeux.On dirait que tout est tenté,suggéré mais que Merlet n'ose aller au bout de rien.Alors on a des suggestions d'dées qui partent ,avec heureusement en soutenance le perpetuel travail magistral du chef op qui fait que quand meme on a quelque chose à se mettre sous la dent.Mais aucune suggestion,aucune idée n'arrive à terme.On a l'impression d'assister à un film très scolaire d'un élève metteur en scène.Des pistes de mises en scène sont explorées puis..plus rien et c'est à force tres enervant que Merlant n'opte pour rien et doute autant de tout car infine le spectateur n a aucune envie de lui donner sa confiance.Le manque de confiance assassine completement le film;manque de confiance aux acteurs;manque de confiance en sa capacité d'exprimer de traduire ,c est tellement terrible qu'a la fin on est au supplice et qu 'on a qu'une hate c est que le film se termine;et d'ailleurs j'ai rapidement eu hate que le film se termine car au bout d 'une demi heure j'ai compris quel était le "secret" du scénario.Imaginez donc mon ennui durant tout le restant du film.Pour moi c'était tellement flagrant,évident,que j'espérai qu'il s'agisse d'autre chose mais ...non,il ne s'agissait de rien de plus que ce que j'avais compris.Et je n'eu droit à aucun secret,aucun mystère.
Alors au final un super chef op mais qui ne suffit pas à effacer toutes les lacunes grossières de la réal.Et carice van Houten dans le role de la psy...mais bon!Peut etre qu'au bout de dix ans elle manquait de confiance en elle,je ne sais mais Agnès Merlet est passée completement à coté de son sujet! en meme temps je suis sure pourtant qu'Agnès Merlet est une cinéaste différente et intéressante et j'espere vraiment qu'elle exprimera sa différence dans son prochain opus.
Heureusement pour moi la soirée ne s est pas terminée sur cette note de totale deception et d'ennui car après la projo il y avait la soirée privée au Djoon ,ou bien evidemment j'étais,avec l'équipe du film et des vip,et surtout le champagne,excellent,qui coulait à flot et d'un coup quelques coupettes plus tard je me suis sentie plus legère et sereine.Alors si vous avez un choix à faire entre ce film et une bouteille de champagne optez plutot pour la solution qui pétille.
02:18 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agnès merlet, carice van houten, jenn murray
09.07.2008
eldorado
Eldorado ou de la réconcialiation avec le cinéma belge.
Après avoir vu "jcvd" voici enfin un film qui réconcilie avec le cinéma belge et le cinéma tout court.C est assurément ,dans ce que l'année 2008 nous aura proposé, un opus des plus interessants.C est un film mince,sans prétention,avec un scénario simple,construit ce qui est devenu chose rare au cinéma.Deux gars dans une voiture;un dealer de voiture et un toxicoman.Et la route,des silences,des regards,des situations,des rencontres.Du silence,du burlesque,du talent,du vrai de celui qui sait tout dire sans rien montrer.Rien de démonstratif,rien dans la redite,tout dans la finesse,la subtilité,dans le non dit décalé.Ce qui fait un film qui n 'est jamais dans le rire hilare ou dans l'humour téléphoné.Un film tout en simplicité et en justesse,et qui sans prétention reussit le pari d etre une tres jolie révélation.Avec en plus une vraie fin pas un happy end à la con ou une issue prévisible.Et avec en surplus une B.O,superbe,envoutante,délicate,originale qui colle à la peau et au corps du film.Un film et un son à découvrir.Une jolie réussite.Et vive le cinéma belge,vive la Belgique: merveilleux écrin d'humour décalé ,de talent qui ne se prend pas au serieux,d univers origninal dans lequel on se sent définitivement bien.
01:49 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bouli lanners, fabrice adde, philippe nahon
08.07.2008
jcvd
Ce fut le film que je ne m'attendais pas à voir,que je ne venais pas voir.
Je pensais (peut etre le film a été vendu ainsi dans les médias,donc mal vendu,ou vendu de manière chafouine) voir un film au second degré,dans lequel van Damme se moquerait gentillement de lui meme. Un film humoristique mais pas d'un humour à la con avec de fausses vanes qui fusent et pendant lequel on est sensé se taper sur la cuisse.Non je pensais voir un film Belge,c est à dire avec un humour fin décalé burlesque toujours en discordance avec un temps de retard.Je pensais me delecter de l univers si particulier et bienfaisant de la géniale Belgique.Et si je dis bienfaisant c est parce que l'humour y est aux antipodes de l'humour francais cinématographiquetoujours trop lourd et en fait jamais drole.Le probleme de Van Damme c est qu il a peut etre trop de racines en lui,trop de pays,trop de provenance alors du coup le film se retrouve éparpillé entre plusieurs univers plusieurs monde et plusieurs origines ce qui fait que le spectateur noyé est vite largué et au bout du compte a du mal à suivre ce qu il voit et à se laisser embarquer.JCVD n est pas un film décalé sur le celebre acteur belge et ses facéties,ce n est pas à proprement parler non plus une fiction et à force de vouloir jouer sur trop de niveaux à la fois on se perd et on ne sait plus trop ce qu on voit.En tous les cas ce qui est sur c est que c est un film introspectif dans lequel van Damme se livre notamment dans cette scene ou il se confesse face caméra et là on se dit alors que soit lui soit nous mais au moins l un des deux s est trompé de film.Cette scène est vraiment mauvaise ,longue,elle coupe le rythme du film et van Damme n y est absolument pas convaincant.On se dit alors qe c est peut etre expres que c est parodique qu 'il se moque de lui meme et que c est pour ca que cette scene est si hors propos.Mais rien n est moins sur.A force on ne sait plus du tout quel film on voit ni comment et à quel niveau on doit le lire.Et de ce qu on pensait etre un jeu de pistes interessant au début on finit tout simplement par ne plus chercher à décoder et à se trainer d'ennui jusqu à la fin du film.Ne fait pas un film belge qui veut!Quant au pauvre zinedine soualem que l a t on affublé d une perruque ridicule qui le rend grottesque.Enfin quant au choix de cette couleur grisatre entre chien et loup il y aurait là encore beaucoup à dire et à redire.Pourquoi donner ses teintes ridicules qui ne se font plus et au on retrouvait à l'occasion dans les années 50 pour les films de guerre ou certains polars.Peut etre a t il voulu faire beau mais c est raté.Peut etre que Mabrouk el Mechri a voulu faire signifiant mais alors quelle signification donner à ce choix de couleurs.Des couleurs qui comme le film oscillent entre deux,un choix pas vraiment franc qui n'impose pas de lecture particulière et qui s eperdent en diverses conjonctures.Faire original juste pour faire original est sans interet.
Un film qui se donne l air mais qu a pas l air du tout comme dirait Brel.Un film vraiment pas incontournable qui nous emmene nulle part ormis dans un imbroglio cinématographique, trop compact,dans lequel on se noie pour finir par sombrer. Un film qui se veut etre lu à trop de niveaux à la fois pour finalement en faire un mix de tout et laisser le spectateur indifférent et extérieur à cela sur le bord de la route.
04:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean claude van damme, mabrouk el mechri, zinedine soualem
Annie Leibovitz
La photographie est un de mes arts préférés.La maison europeènne de la photographie nous offre en ce moment une retrospective de la grande Annie Leibovitz.Cette dernière est connue essentiellement à double titre,comme illustre photographe de plateau et comme compagne de l essa yiste et romanciere susan sontag,elle partagera sa vie du debut des années 80 à 2004 date à laquelle cette derniere decedera d un cancer.
L'expo retrace essentiellement ces deux panels les plus connus de LeibovitzEnormément de photo de Sontag et énormément de photos de stars que ce soit pendant le tournage d un film ou des photos prises hors plateau pour des revues celebres comme vogue. On se sent alors là dans un univers connu réconfortant dont la beauté nous emporte.Car les photos de Leibovitz ne se contentent pas d etre formellement belle et davoir une rigueur assez incoryable elles sont également très oniriques et témoignent d un univers de mise en valeur tres poétique ou suréaliste.Pour preuves ces deux photos magistrales et tres surprenantes,l une vraiment incroyable et ironique de Donald Trump et de sa femme (cette photo est symboliquement vraiment énorme),l autre,surement une des plus renversantes de l 'expo des "white spirits" qui dépeind un univers vraiment baroque et suréaliste.Les photos de Leibovitz c est cela un rigueur incroyable au niveau du cadre,de l éclairage,de la forme pour à l intérieur faire jaillir un monde irreél et poétique.La photo de Robert Wilson avec une ampoule dans la main ou la série ,superbe,des clichés d'Elizabeth II témoignent bien de cette facon non officielle et non académique de photographier des gens très officiels instaurés dans l establishement ou comment faire transparaitre l'humain derrière la notoriété,derriere l 'évidence.
Cette expo nous donne à voir également quelques ,très rare,clichés de guerre et de tres nombreux clichés de sa famille qu'elle aura photographié tout au long de leur existence.Nous y feront ainsi notamment la connaissance de son père,militaire de carrière, et de sa mère ,professeur de danse.Un double héritage de rigueur et d'excentricité qui définissent parfaitement son travail.
En quelques mots une expo foisonnante et très riche (avec malheureusment bien souvent trop de personnes collés devant ce qui fait que l on a du mal a bien voir,le public est la véritable plaie des expos :au lieu de regarder d 'assez loin pour que tout un chacun puisse en profiter il se colle bien devant l objet de manière à ce que l on ne puisse plus rien voir),incontournable.Une photographe magistrale et majuscule à venir voir absolument.
04:03 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, susan sontag, maison europeènne de la photo
05.07.2008
la restauration de la couleur dans "un roi sans divertissement" part 5
"un roi sans divertissement" est un film tourné sur pellicule eastmancolor.La restauration fut faite par la cinémathèque francaise en 1990 à l'initiative du chef op Jean Badal et grace à l'heureuse rencontre de Jacques Meny et de Vincent Pinel alors à la tete de la cinémathèque.L'initiatiuve se déroula sans encombre car Vincent Pinel était partie prenante et les ayants droits,qui étaient connus,donnèrent tous leur plein accord.Il était essentiel de redonner ses couleurs à ce film qui qui,avec l 'affaidissement des dites couleurs,perdait tout son signifiant et allait à l'encontre de ce qu'avait voulu Giono.Le travail de restauration fut confié à Jean Badal qui avait été le chef opérateur du film en 1963.
En 1990 Badal et Meny descendent à Cannes pour présenter un montage de trois plans restaurés du film et un de trois plans non restaurés qui étaient rouge magenta.Martin Scorsese qui y présidait une conférence sur la restauration trouva la démonstration extraordinaire et des crédits furent alors débloqués par la cinémathèque francaise,le CNC et le ministère de la culture.Badal qui avait vu le film projeté à Lille s'était alors rendu compte du mauvais état des copies et décida de restaurer le film.Comme il n'avait pas d'argent il fit donc tirer les trois séquences d'une minute dont nous avons parlé.Cette mini restauration fut faite grace aux propres fonds de Badal car avant la démonstration de Cannes il n'avait pas réussi à attirer l'attention et à obtenir de l'argent.
La pellicule couleur est développée depuis 1954-55 en 2 minutes 40 secondes alors qu'avant cela prenait 3 heures.Le procédé Eastman moins honéreux,plus rapide,est celui utilisé pour les films commerciaux.La pellicule est développée à 40 degrés,le lavage est moins efficace et l'eau est de plus en plus polluée.Cela endommage le film.Les produits chimiques qui restent dans la pellicule conduisent à l'oxydation et à l'affadissement des couleurs.Les fabricants de films font maintenant très attention au négatif qui coute beaucoup plus cher que le positif ou l'interpositif.A partir des années 60 le négatiff se garde beaucoup mieux mais les positifs s'oxydent beaucoup plus rapidement,ce qui est de l 'interet du fabricant de pellicules parce qu'ainsi il faut les restaurer plus souvent.
Les copies d ' "un roi sans divertissement " tirées en 1963 l avaient été d'après le négatif première génération.En 1991 dix copies ont été faites.L'interpositif et l'internégatif étaient totalement abimés et inutilisables à cause de l'oxydation.En 1993 des retirages ont été faits : une dizaine de copies d'après le négatif d 'origine (qui était lélément qui se trouvait dans le meilleur état en 1990),et une copie d'après l'internégatif.Une autre copie va etre a aussi été tirée pour la chaine télé Arte.Pour le transfert vidéo il faut une copie neuve ou un autre inter positif.
La restauration d ' "un roi sans divertissement" a couté 500 000 mille francs.Oui,c'était des francs à l'époque.
Badal a travaillé d'après le négatif original ;il était déchiré,des perforations étaient cassées,il était rayé.Il a fallu d'abord réparer mécaniquement le mécanique original avant d'en tirer une cpoie.Depuis 1963 les systèmes de pellicules positif et négatif ont beaucoup changé.Badal a travaillé image par image.Il a poli chacune d'elles avec du velours lorsqu'elle était rayée et lorsque le film était rayé du coté de l'émulsion il mettait la pellicule dans une tireuse qui contient un liquide (une sorte d'eau distillée)qui fait disparaitre les rayures lorsque le film est photographié(du négatif au positif).Ce systéme s'appelle :"fenetre liquide".
Chaque copie tirée a coute en moyenne 18 000 francs.L'opération a duré 5 ans.Une copie d'étalonnage en laboratoire vaut 70 000 francs.Une copie de série coute 20 000 francs.En 1963 Badal avait travaillé avec les laboratoires Eclair,LTC,GTC qui ont tout à tour tous trois refusé de suivre les conseils du chef op et ont refusé de le laisser diriger les opérations.Il s ' en est donc allé chez CTM à Gennevilliers qui n'avait jamais fait de film couleur.CTM a donc alors accepté cette grande nouveauté.Pour la restauration du film Badal -qui fut son propre étalonneur-a travaillé avec un homme qu'il avait rencontré à cette époque et qui a depuis quitté CTM.
23:11 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francois letterrier, jean giono, jean badal, restauration de film
03.07.2008
"le dossier 51" ou de l utilisation de la photographie au cinema,part 3
Auphal est défini comme 51 non seulement par les propos que tiennent les agents (c'est aux memes qui verbalement lui donnent ce numéro)mais également par les portraits que nous connaissons de lui.D'ailleurs les paroles tenues par les agents représentent généralement l'interprétation qu'ils font de ces photos.Auphal n'est jamais vu ,à de très rares exceptions près,autrement qu'au travers de ces photos.Elles sont au prime abord non signifiantes mais elles sont la seule matière qui définissent Auphal et ce dès le debut du film (voir la scène des archives).Auphal est alors totalement assimilé,fondu,aux photos qui le representent,les termes qui les définissent sont idoines:il s 'agit d'une vie lisse,sans relief ni aspérité,en noir et blanc,sans fard et sans couleur.Sans éclat.Il est physiquement défini par ces images fixes,immobiles;quant à sa personnalité elle nous est donnée par la parole des agents et par le truchement d'interviews des connaissances de 51.Nous n'entendrons jamais la voix d'Auphal.La photographie ne se contente pas de violer sa vie privée(les photos sont bien sur prises à son insue)mais elles lui volent aussi son identité.Auphal devient alors le type sur la photo:51.Sa personnalité nous est donc présentée d'une part d'une maniere neutre par le jeu de photos,de l'autre d'une manière totale interprétative et objective (dans le sens qu'Auphal n est plus le sujet).Le micro placé chez lui ne fonctionnera pas,il sera alors privé de voix pendant tout le film.Il ne sera défini que de manière truquée et froide,lisse,par les photos.
Les voix dans les films interviennent à deux niveaux par rapport à l'image photographique.Les memes mots auront deux sens différents selon l'interprétation que l'on se fera des photos.On peut tout faire dire à une photo:une chose et son contraire.Dans un premier temps nous percevrons donc les photos d'après les dires de Minerve,la parole prend alors le pas sur l'image,ce sera le règne du signifiant,puis ces memes photos seront lues une seconde fois par Esculape,le signifié primera,il ne s'agira plus des photos en elles memes dans leur manifestaion pure et simple,voire primaire,mais il s'agira de faire une lecture de ces photos et d'éluder le sens des divers objets qui les composent.Il s'agira alors d'aller au delà d ela manifestation matérielle du langage et de l 'apparence extérieure du signe en faisnat une lecture objective des informations brutes qui nous livrées.L'idnetité d'Auphal ne sera plus portée par le verbe mais par l'image et sa lecture directe;ainsi la comprehension de l'homosexualité de ce dernier ne se comprend que grace aux différents signes qui composent une carte postale (assimiléé à une photo)qu'il conservait dans son sac.
00:15 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel deville, la photo au cinéma
02.07.2008
valse avec Bachir
"Valse avec Bachir" est un film d'animation franco-germano-israélien réalisé par le cinéaste israélien Ari Folman.
Il s'agit d'une histoire autobiographique.Un ami de Folman lui parle d'un cauchemar récurrent qu'il fait depuis deux ans et dans lequel 26 chiens le pourchassent.Il s'agit des 26 chiens qu'il a du tuer pendant la guerre du Liban au début des années 80.Folman essaye alors lui aussi de se souvenir mais las!Alors il va retrouver de part le monde des anciens compagnons de guerre pour essayer de se remémorer.
Je ne vous cache pas qu'en allant voir ce film j'esperai retrouver un "persepolis"bis.C'était certes mon choix et c'est moi qui ai espéré voir ce type de film.Alors je saurais mauvais juge pour parler de ce film. Il n'était pas le film que je voulais voir,que j'attendais."Persepolis" était un film brillant,qui parlait de l'horreur par le rire,un film profond et en meme temps d'une telle légèreté d'une telle subtilité qu'il arrivait a tout nous montrer,tout nous faire comprendre."Valse avec Bachir" est un film qui m'a profondemment ennuyée.C'est un film didactique,lourd,bavard,sans distanciation...qui finit par nous lasser terriblement.On a l'impression d'assister à un documentaire sur les massacres de Sabra et Chatila dans ces conditions j'aurais carrément préféré lire un livre sur le sujet ou voir un vrai documentaire.Ari Folman a pourtant fait ses premieres armes à la télévision en réalisant des documentaires notamment sur les territoires occupés de Gaza alors il aurait pu cette fois encore opter pour le choix de ce mode de production.Il ne l'a pas fait.Peut etre parce que sujet autobiographique trop sensible et éprouvant à réaliser pour lui.Iln' a pas opté non plus pour le choix du film de fiction qui n'aurait pu retranscrie à l'identique ce que souhaitait partager Folman.La fiction induit une notion de jeu de non réalité qu'il ne souhaitait probablement pas.Au final on se retrouve avec une espèce de mix des deux qui fait que l on n'adhère ni sur le plan formel ni sur le plan narratif.Tout y semble trop bavard,roboratif et démonstratif.Bien sur la guerre ce n'est pas bien bien sur il n'y a ni bon ni mauvais (saluons au passage que Folman ne soit d'aucun parti pris) mais il n'était point besoin d'un objet aussi didactique et scolaire pour nous faire partager ce secret de polichinelle.La forme est tellement plaquée que l'emotion et la douleur du cinéaste ne parviennent jamais à percer.Plus de légèreté,d'ironie,de décalage auraient vraiment été les bienvenus pour nous rendre sensibles.
00:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ari folman, guerre du liban, beyrouth, massacres de sabra et chatila, cinéma d'animation
01.07.2008
Esbjorn Svenson est mort
Le monde du jazz et de la musique sont en deuil.Ils viennent de perdre un de leurs plus illustres et bouleversants représentants.Esbjorn Svenson ,pianiste et membre fondateur du plus grand trio de jazz contemporain vient de décéder ce samedi 14 juin à la suite d'un accident de plongée.Il avait 44 ans.Avec ses deux autres compères,suédois comme lui:Dan Berglund et Magnus Ostrom il avait crée le "Esbjorn Svenson trio" (E.S.T), il avait totalement su réinventer l'univers du Jazz en le rendant accessible à tous meme aux plus réfractaires en melant jazz,trip hop,pop,rock.Il avait su sortir ce genre musical ,trop souvent abscons et de lecture parfois ardue , des carcans dans lesquels il est trop souvent confiné.Pour les avoir vus jouer je puis vous assurer qu'ils sont les seuls concerts (tous genres confondus) qui m'aient fait pleurer et meme arracher des larmes tellement leur son était boulerversant et révolutionnaire.Il nous restera leurs albums,tous magnifiques,dont on peut citer ici par exemple:"tuesday wonderland","winter in venice","viaticum","strange place for snow".Le monde de la musique vient de perdre assurément un de ses plus virtuoses chercheurs et arrangeurs qui avait su vulgariser le jazz et qui avait une vision géniale et globale de l histoire de la musique qu'il avait su rendre sienne.
23:27 Publié dans jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : e.s.t;esbjorn svenson, dan berglund, magnus ostrom


