20.12.2007
la pub:l avenir des majors musicales?
Dans un monde du consommer c est jeter,ou tout, a peine entame,usite est aussitot debarasse,ou tout est au fast quick and cheap,ou la recherche du bonheur se trouve dans l instantaneite d un consummerisme efreine,deshumanise,affligeant:ecouter une chanson dans son entier ou regarder son clip releve de la prouesse.On ne se donne plus le temps.Tout doit aller vite,il y a tant de nouvelles donnees a emagaziner quotidiennement.Nous sommes dans une telle course a l information que nous sommes affames mais toujours avec le ventre vide car nous n en gardons rien.S asseoir quatre minutes pour savourer un air pour s en impregner appartient a une epoque revolue.Comment alors rendre public un morceau?Faire qu il accroche,que l on s en souvienne,qu il nous titille,qu il se distille en nous et ce sans que nous ayons l impression de le subir,d etre sans cesse martele.Comment faire pour qu il s impregne de maniere diffuse et doucement recurrente.Comment arriver a faire vendre une melodie,a la faire sortir du lot quand les communicants ont pletore d armes entre leurs mains face un public qui n ecoute plus qu en zappant?,qui n ecoute plus tout court Pour repondre a cette oreille de plus en plus parcimonieuse et distante la publicite s est imposee comme une arme redoutable.L arme absolue.Elle est en effet l implaccable vecteur qui rend public.Dans cette perpetuelle profusion de sons d images de noms de groupes qui eclosent a tout va il etait urgent pour les majors de rendre identifiables leurs crus,leurs produits.Comment faire pour qu un morceau reste bien ancre en nous?Il suffisait d en impregner notre memoire visuelle pour qu un son soit associe a une image,a une histoire.Sur le net tout le monde a sa chance,tout le monde peut se proclamer artiste chanteur videaste,balancer sa chanson,son clip...les rendre publiques au plus grand nombre,user de cette publicite pour tous par tous sans plus de contraintes,de maniere immediate.Quelle riposte les majors(qui sont evidemment les premieres a se servir aussi du net)pouvaient bien trouver pour se demarquer et imposer un nom au firmament ,parmi la multitude.Comment faire pour qu un air soit obligatoirement identifiable, retenu,entendu,vendu?Quel meilleur moyen pour faire de la publicite que justement d user de la publicite?Elle est devenue le vehicule incontournable de la musique.Une manoeuvre mediate qui associe a une image de luxe un morceau avec lequel elle fera irremediablement corps grace a une petite histoire visuelle de quelques secondes.Et qui continue a trotter dans notre tete bien apres qu on l ai vue.Ce procede a atteint un tel degre d etude,de de perfection qu un produit peut faire acheter une musique et vice et versa.Le produit et la musique sont devenus inseparables.On ne sait plus tres bien ce que la pub vend.On parle de cette pub qui passe sur telle musique ou de telle musique entendue pendant telle pub.Grace a cette prouesse toute commerciale et interessee on assiste quotidiennement a des petits moments de grace qui se distillent en nous, qui nous accompagnent avec beaute et desinvolture et qui finissent par s installer definitivement.Personne ne pourra oublier les pubs de calvin klein ou de levi's.Quand l alchimie de quelques images et de quelques notes peuvent reussir a creer un petit univers magique qui fait que l on tend notre oreille et que l on savoure alors c est une victoire pour le talent musical.La plub ne vend plus seulement un produit mais l univers sonore qui l accompagne.Il est dommage d user d un tel procede marketting pour vendre du son mais ca en dit long sur notre capacite d ecoute et de reception.Il est triste d avoir a user d un artefact pour s imposer mais le resultat est malheureusement concluant.La publicite est devenue le nouveau moyen d imposer quotidiennement un artiste et quand c est fait avec talent l on ne peut que baisser sa garde et s incliner.Ce fut un pur bonheur que d entendre en 2004 "the end has no end" des strokes sur une pub d'edf.Et meme si c est probablement mal vu ce sont des instants delectables que d entendre la B.O composee par andrews michael pour "donnie darko" accompagner la fiat mondeo,que de se plonger dans la delicatesse des coco rosie pour une fragance signee Kenzo,que d entendre la suavite d'hope sandoval s envoler dans l azur d air france(sous la camera poetique de michel gondry).Ces artitses auraient merites un autre ecrin qu un bulletin publicitaire pour etre entendus et reconnus mais nous avons les ecrins que notre epoque merite.S il faut en passer par une pub d yves saint laurent pour que le talent des "yeah yeah yeahs" eclate alors passons en par la.Comme l ecrivait Musset " qu importe le flacon pourvu qu on ait l ivresse".Et l ivresse est la et bien la.Et son alcool m enivre absolument quand il s evapore des flacons de guerlain et se diffuse dans les melodies absolument sublimes de muse.
02:53 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique publicitaire



Les commentaires sont fermés.