03.07.2008

"le dossier 51" ou de l utilisation de la photographie au cinema,part 3

Auphal est défini comme 51 non seulement par les propos que tiennent les agents (c'est aux memes qui verbalement lui donnent ce numéro)mais également par les portraits que nous connaissons de lui.D'ailleurs les paroles tenues par les agents représentent  généralement l'interprétation qu'ils font de ces photos.Auphal n'est jamais vu ,à de très rares exceptions près,autrement qu'au travers de ces photos.Elles sont au prime abord non signifiantes mais elles sont la seule matière qui définissent Auphal et ce dès le debut du film (voir la scène des archives).Auphal est alors totalement assimilé,fondu,aux photos qui le representent,les termes qui les définissent sont idoines:il s 'agit d'une vie lisse,sans relief ni aspérité,en noir et blanc,sans fard et sans couleur.Sans éclat.Il est physiquement défini par ces images fixes,immobiles;quant à sa personnalité elle nous est donnée par la parole des agents et par le truchement d'interviews des connaissances de 51.Nous n'entendrons jamais la voix d'Auphal.La photographie ne se contente pas de violer sa vie privée(les photos sont bien sur prises à son insue)mais elles lui volent aussi son identité.Auphal devient alors le type sur la photo:51.Sa personnalité nous est donc présentée d'une part d'une maniere neutre par le jeu de photos,de l'autre d'une manière totale interprétative et objective (dans le sens qu'Auphal n est plus le sujet).Le micro placé chez lui ne fonctionnera pas,il sera alors privé de voix pendant tout le film.Il ne sera défini que de manière truquée et froide,lisse,par les photos.

Les voix dans les films interviennent à deux niveaux par rapport à l'image photographique.Les memes mots auront deux sens différents selon l'interprétation que l'on se fera des photos.On peut tout faire dire à une photo:une chose et son contraire.Dans un premier temps nous percevrons donc les photos d'après les dires de Minerve,la parole prend alors le pas sur l'image,ce sera le règne du signifiant,puis ces memes photos seront lues une seconde fois par Esculape,le signifié primera,il ne s'agira plus des photos en elles memes dans leur manifestaion pure et simple,voire primaire,mais il s'agira de faire une lecture de ces photos et d'éluder le sens des divers objets qui les composent.Il s'agira alors d'aller au delà d ela manifestation matérielle du langage et de l 'apparence extérieure du signe en faisnat une lecture objective des informations brutes qui nous livrées.L'idnetité d'Auphal ne sera plus portée par le verbe mais par l'image et sa lecture directe;ainsi la comprehension de l'homosexualité de ce dernier ne se comprend que grace aux différents signes qui composent une carte postale (assimiléé à une photo)qu'il conservait dans son sac.

02.07.2008

valse avec Bachir

"Valse avec Bachir" est un film d'animation franco-germano-israélien réalisé par le cinéaste israélien Ari Folman.

Il s'agit d'une histoire autobiographique.Un ami de Folman lui parle d'un cauchemar récurrent qu'il fait depuis deux ans et dans lequel 26 chiens le pourchassent.Il s'agit des 26 chiens qu'il a du tuer pendant la guerre du Liban au début des années 80.Folman essaye alors lui aussi de se souvenir mais las!Alors il va retrouver de part le monde des anciens compagnons de guerre pour essayer de se remémorer.

Je ne vous cache pas qu'en allant voir ce film j'esperai retrouver un "persepolis"bis.C'était certes mon choix et c'est moi qui ai espéré voir ce type de film.Alors je saurais mauvais juge pour parler de ce film. Il n'était pas le film que je voulais voir,que j'attendais."Persepolis" était un film brillant,qui parlait de l'horreur par le rire,un film profond et en meme temps d'une telle légèreté d'une telle subtilité qu'il arrivait a tout nous montrer,tout nous faire comprendre."Valse avec Bachir" est un film qui m'a profondemment ennuyée.C'est un film didactique,lourd,bavard,sans distanciation...qui finit par nous lasser terriblement.On a l'impression d'assister à un documentaire sur les massacres de Sabra et Chatila dans ces conditions j'aurais carrément préféré lire un livre sur le sujet ou voir un vrai documentaire.Ari Folman a pourtant fait ses premieres armes à la télévision en réalisant des documentaires notamment sur les territoires occupés de Gaza alors il aurait pu cette fois encore opter pour le choix de ce mode de production.Il ne l'a pas fait.Peut etre parce que sujet autobiographique trop sensible et éprouvant  à réaliser pour lui.Iln' a pas opté non plus pour le choix du film de fiction qui n'aurait pu retranscrie à l'identique ce que souhaitait partager Folman.La fiction induit une notion de jeu de non réalité qu'il ne souhaitait probablement pas.Au final on se retrouve avec une espèce de mix des deux qui fait que l on n'adhère ni sur le plan formel ni sur le plan narratif.Tout y semble trop bavard,roboratif et démonstratif.Bien sur la guerre ce n'est pas bien bien sur il n'y a ni bon ni mauvais (saluons au passage que Folman ne soit d'aucun parti pris) mais il n'était point besoin d'un objet aussi didactique et scolaire pour nous faire partager ce secret de polichinelle.La forme est tellement plaquée que l'emotion et la douleur du cinéaste ne parviennent jamais à percer.Plus de légèreté,d'ironie,de décalage auraient vraiment été les bienvenus pour nous rendre sensibles.

01.07.2008

Esbjorn Svenson est mort

Le monde du jazz et de la musique sont en deuil.Ils viennent de perdre un de leurs plus illustres et bouleversants représentants.Esbjorn Svenson ,pianiste et membre fondateur du plus grand trio de jazz contemporain vient de décéder ce samedi 14 juin à la suite d'un accident de plongée.Il avait 44 ans.Avec ses deux autres compères,suédois comme lui:Dan Berglund et Magnus Ostrom il avait crée le "Esbjorn Svenson trio" (E.S.T), il avait totalement su réinventer l'univers du Jazz en le rendant accessible à tous meme aux plus réfractaires en melant jazz,trip hop,pop,rock.Il avait su sortir ce genre musical ,trop souvent abscons et de lecture parfois ardue , des carcans dans lesquels il est trop souvent confiné.Pour les avoir vus jouer je puis vous assurer qu'ils sont les seuls concerts (tous genres confondus) qui m'aient fait pleurer et meme arracher des larmes tellement leur son était boulerversant et révolutionnaire.Il nous restera leurs albums,tous magnifiques,dont on peut citer ici par exemple:"tuesday wonderland","winter in venice","viaticum","strange place for snow".Le monde de la musique vient de perdre assurément un de ses plus virtuoses chercheurs et arrangeurs qui avait su vulgariser le jazz et qui avait une vision géniale et  globale de l histoire de la musique qu'il avait su rendre sienne.